C’est avec respect et émotion que je lis ce poéme de Jean El Mouhoub Amrouche
Exilé de sa vraie Patrie humaine, cette terre schisteuse, Jean El Mouhoub Amrouche se débat au milieu de ses tourments, en quête de satisfaction morale. Encore jeune, il se cherche entre deux rives, qui le rejettent.. Extrait:
“Je ne suis qu’un enfant perdu parmi les hommes,
enfants perdus qui ont perdu leur enfance?
Il perdure une empreinte creuse,
une blessure mal fermée
d’où le sang perle goutte à goutte,
une saveur acide et pure,
un avant-goût de paradis,
une saveur de souvenir
que le temps n’a pu submerger.
C’est quelque part loin dans l’âme,
en un lieu mal défini,
dans les halliers secrets du coeur…
Comprends-tu?
Je suis orphelin, nous sommes tous orphelins…
Connais-tu mon père et ma mère?
Ou me montres-tu ma patrie?
Car je n’ai ni père ni mère,
je suis orphelin sans patrie.
” Je ne suis pas de ce pays ,
je ne suis pas de votre monde.
Je suis un homme et je suis Dieu;
je ne suis ni homme ni Dieu,
car l’homme pleure d’être Dieu
et Dieu souffre d’être un homme parmi les hommes…”
JEAN AMROUCHE, ” Cendres ” 1934.




