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Archive for 18 mars 2008


Si c ‘est  la  condition pour  échapper aux  miasmes de  la politique
et  aux   fanatismes, qui  que  tu sois,
 Nazih Abou Afache , 
merci   de  séparer  ou  de  réconcilier,
 les  meilleurs,  les  médiocres, 
les croyants, les non croyants  et  tous  les autres .
Nazih Abou Afache , poéte universel
L’arc-en-ciel de Dieu

 

L’homme : arbre solitaire de souffrance, triste et nu, qui nage dans un vent nu ! Ô Seigneur : si j’étais un arbre… un arbre véritable qui rit, nage, rêve et ne dit pas : « Façonnez-moi. » : Les arbres ne se façonnent pas. Les arbres ne font que rêver… … … … Les arbres se lèvent sur leurs propres épaules, s’abreuvent à leurs propres sources et rêvent leurs propres immortalités… Les arbres : immortalité des arbres. * … Les arbres : une immortalité sans mémoire. La mémoire : cimetière de la vie – un cimetière mal aménagé, plein d’humains, d’âges, de cercueils, de passages… et de fenêtres closes ! Donc, Seigneur : garde-moi dans une mémoire propre. Garde-moi dans la mémoire d’un arbre-cœur. Garde-moi bien et longtemps dans l’eau salée de ta compassion : l’oubli ! * Si tu crois vraiment en moi, mon Dieu… Dis-leur – à ceux qui m’aiment – de m’inhumer sur le bord : le bord du temps… et le bord de l’espace. J’ai un désir exalté d’immortalité sur un bord… Désir d’une belle mort, affectueuse, généreuse… et blanche. Simple désir d’un mortel : blanc désir de mort ! … … … Efface-moi donc. Si tu crois vraiment en moi, efface-moi bien, mon Dieu. Efface les feuilles, les branches, le tronc, le cerveau… Efface la terre aussi : la terre, demeure de la mort ; efface tout cela entièrement… efface-moi en entier. Mais laisse-moi ma racine : racine de souffrance généreuse qui scintille dans sa propre nuit. Laisse-la – ma racine – continuer son voyage piétinant dans un vent de lumière. Laisse-la rêver d’un fruit de lumière, d’une feuille de lumière, d’une rafale de lumière… : Laisse-la rêver la lumière. * Le fruit est blanc. La branche est blanche. Les feuilles sont blanches. Le tronc est blanc. Les rêves sont blancs… L’air, la terre, l’eau, l’azur… et la nuit aussi : tout est blanc ! Je suis fils du « blanc ». Ainsi, mes couleurs sont nombreuses, scintillantes, rayonnantes et convoitées. Je suis : l’arc-en-ciel de Dieu… dépôt de beauté inépuisable. Je suis : le rêve du courlis. * Façonne-moi donc, mon Dieu, en une racine qui pend dans son ascension dans les airs de cieux blancs. Fais-moi blanc… blanc… de toutes les couleurs… … … … Je suis to fils, ton pèlerin, celui qui te renie, le fils de ta compassion, l’héritier de ton repentir, ton martyr, le serviteur de ton oubli… Donc : façonne-moi… … … … … … Ta porte est érigée sur une parole. La mienne aussi. Nous deux, en traversant, nous nous courbons… Nous deux, disons : « Je suis affaibli, j’ai souffert, désespéré, enduré, regretté, et mon âme s’est arquée ! » Seule la « parole » demeure ainsi : haute, droite, communicante… et vivante (vivante dans la joie du courlis…). : La parole : une déesse entendue (entendue mais non écoutée !) La parole : lien secret et franc de notre sang, … lien indestructible des temps. … : Nous deux sommes une voix de lumière. … Donc : façonne-moi… … … * Fais de moi – si tu le veux – ce que tu veux, comme tu l’entends. Toi, peut-être… Mais moi, je ne regrette pas. : « Blancheur : ce que l’on ne regrette pas. » * Je suis ta demeure, ta table, ton pain et ton vin, ta quête et le chemin de ta vérité… Donc : ne crains pas pour toi-même l’embûche de la mort. Tu es immortel dans ce que je vois et rêve : immortel dans la blancheur du rêve du courlis. … … … Et moi, ma demeure est là où chantent les courlis de mon aurore qui m’aident à tisser les rêves. Ma table est un chant, un vent, une envie blanche de blancheur… Ma quête : « moi ». Je n’ai pas de vérité : « La vérité est blancheur ! » … … … Donc : blanc… et blanc Blanc tel que tu m’as façonné, tel que j’ai aimé et désiré. Je suis tout blanc : La peau de ma bête, mes cornes, mon sang, la nostalgie de mes courlis, mes sabots fendus, mes molaires, mon cœur, mes nageoires, mes armes, la peur de mes ennemis, ma perplexité, la couleur noire de mes yeux, mes os, mon habit, la soif de ma langue et l’obscurité que j’étale alors que je m’arque pour passer par le portail (je m’arque pour passer…). Je suis blanc, tout blanc et imprégné des rêves de ma blancheur… Ainsi… je ne crains pas de me souiller : « La blancheur est vérité… ». … Me voici arrivé sur le bord ! … …Nuit du 30-31

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Si c ‘est la condition pour échapper aux
miasmes de la politique
et aux fanatismes, qui que tu sois,
Nazih Abou Afache ,
merci de séparer ou de réconcilier,
les meilleurs, les médiocres,
les croyants, les non croyants
et tous les autres .

L’arc-en-ciel de Dieu

Nazih Abou Afache

L’homme : arbre solitaire de souffrance,

triste et nu, qui nage dans un vent nu !

Ô Seigneur : si j’étais un arbre… un arbre véritable

qui rit, nage, rêve et ne dit pas : « Façonnez-moi. »

: Les arbres ne se façonnent pas.

Les arbres ne font que rêver…

… … …

Les arbres se lèvent sur leurs propres épaules,

s’abreuvent à leurs propres sources

et rêvent leurs propres immortalités…

Les arbres : immortalité des arbres.

*

… Les arbres : une immortalité sans mémoire.

La mémoire : cimetière de la vie –

un cimetière mal aménagé,

plein d’humains, d’âges, de cercueils,

de passages… et de fenêtres closes !

Donc, Seigneur : garde-moi dans une mémoire propre.

Garde-moi dans la mémoire d’un arbre-cœur.

Garde-moi bien et longtemps

dans l’eau salée de ta compassion : l’oubli !

*

Si tu crois vraiment en moi, mon Dieu…

Dis-leur – à ceux qui m’aiment – de m’inhumer sur le bord :

le bord du temps… et le bord de l’espace.

J’ai un désir exalté d’immortalité sur un bord…

Désir d’une belle mort, affectueuse, généreuse… et blanche.

Simple désir d’un mortel :

blanc désir de mort !

… … …

Efface-moi donc.

Si tu crois vraiment en moi,

efface-moi bien, mon Dieu.

Efface les feuilles, les branches, le tronc, le cerveau…

Efface la terre aussi : la terre, demeure de la mort ;

efface tout cela entièrement… efface-moi en entier.

Mais laisse-moi ma racine : racine de souffrance généreuse

qui scintille dans sa propre nuit.

Laisse-la – ma racine –

continuer son voyage piétinant dans un vent de lumière.

Laisse-la rêver d’un fruit de lumière,

d’une feuille de lumière,

d’une rafale de lumière…

: Laisse-la rêver la lumière.

*

Le fruit est blanc.

La branche est blanche.

Les feuilles sont blanches.

Le tronc est blanc.

Les rêves sont blancs…

L’air, la terre, l’eau, l’azur… et la nuit aussi : tout est blanc !

Je suis fils du « blanc ».

Ainsi, mes couleurs sont nombreuses, scintillantes, rayonnantes et convoitées.

Je suis : l’arc-en-ciel de Dieu…

dépôt de beauté inépuisable.

Je suis : le rêve du courlis.

*

Façonne-moi donc, mon Dieu, en une racine

qui pend dans son ascension

dans les airs de cieux blancs.

Fais-moi blanc…

blanc… de toutes les couleurs…

… … …

Je suis to fils, ton pèlerin, celui qui te renie, le fils de ta compassion,

l’héritier de ton repentir, ton martyr, le serviteur de ton oubli…

Donc : façonne-moi… …

… … … …

Ta porte est érigée sur une parole.

La mienne aussi.

Nous deux, en traversant, nous nous courbons…

Nous deux, disons : « Je suis affaibli, j’ai souffert, désespéré,

enduré, regretté, et mon âme s’est arquée ! »

Seule la « parole » demeure ainsi :

haute, droite, communicante…

et vivante (vivante dans la joie du courlis…).

: La parole : une déesse entendue (entendue mais non écoutée !)

La parole : lien secret et franc de notre sang,

… lien indestructible des temps.

: Nous deux sommes une voix de lumière.

… Donc : façonne-moi… … …

*

Fais de moi – si tu le veux – ce que tu veux, comme tu l’entends.

Toi, peut-être…

Mais moi, je ne regrette pas.

:

« Blancheur : ce que l’on ne regrette pas. »

*

Je suis ta demeure, ta table, ton pain et ton vin,

ta quête et le chemin de ta vérité…

Donc : ne crains pas pour toi-même l’embûche de la mort.

Tu es immortel dans ce que je vois et rêve

: immortel dans la blancheur du rêve du courlis.

… … … Et moi, ma demeure est là où chantent les courlis de mon aurore

qui m’aident à tisser les rêves.

Ma table est un chant, un vent, une envie blanche de blancheur…

Ma quête : « moi ».

Je n’ai pas de vérité :

« La vérité est blancheur ! »

… … …

Donc : blanc… et blanc

Blanc tel que tu m’as façonné, tel que j’ai aimé et désiré.

Je suis tout blanc :

La peau de ma bête, mes cornes, mon sang, la nostalgie de mes courlis, mes sabots fendus, mes molaires, mon cœur, mes nageoires, mes armes, la peur de mes ennemis, ma perplexité, la couleur noire de mes yeux, mes os, mon habit, la soif de ma langue et l’obscurité que j’étale alors que je m’arque pour passer par le portail (je m’arque pour passer…).

Je suis blanc, tout blanc et imprégné des rêves de ma blancheur…

Ainsi… je ne crains pas de me souiller

: « La blancheur est vérité… ».

… Me voici arrivé sur le bord !

… …Nuit du 30-31 décembre 2001
*** *** ***

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